Communication et relations presse
bien s’y prendre
Ce que sont vraiment les RP, les outils à préparer et comment approcher les journalistes sans se griller.
Les relations presse consistent à obtenir une visibilité dans les médias sans acheter d’espace : on donne aux journalistes un sujet qui mérite un article. Leur force, c’est la crédibilité d’un tiers ; leur limite, c’est qu’aucune parution n’est garantie. Tout repose sur une relation ciblée et durable, pas sur un envoi de masse.
- RP ≠ publicité : vous ne payez pas la parution et ne maîtrisez pas le résultat, mais vous gagnez la caution d’un tiers.
- Trois outils de base : communiqué, dossier de presse et fichier presse ciblé.
- Cibler et personnaliser : un journaliste qui traite déjà votre sujet, un message sur mesure, jamais un envoi groupé.
- Aucune garantie : c’est un travail de fond, à juger sur la durée plutôt que sur un coup unique.
« Faire parler de soi dans la presse » ressemble à une boîte noire tant qu’on n’en connaît pas les règles. Pourtant, les relations presse obéissent à une logique simple, à condition de comprendre ce qu’elles sont vraiment et ce qu’elles ne sont pas.
Les relations presse, de quoi parle-t-on ?
Les relations presse, souvent abrégées en RP, désignent l’ensemble des actions menées pour obtenir une visibilité dans les médias sans acheter d’espace. Concrètement, il s’agit de donner aux journalistes de quoi parler de vous : une information, un angle, une histoire qui mérite un article, un reportage ou une mention.
C’est ce qui les distingue de la publicité. Avec la publicité, vous payez pour un emplacement et vous maîtrisez le message. Avec les relations presse, vous ne payez pas la parution et vous ne maîtrisez pas le résultat : c’est le journaliste qui décide s’il traite le sujet, comment, et sous quel angle. En échange de cette perte de contrôle, vous gagnez quelque chose que la publicité n’offre pas : la caution d’un tiers.
Beaucoup confondent d’ailleurs relations presse et communication en général. La communication couvre tout ce que vous dites de vous, y compris sur vos propres canaux. Les relations presse sont un morceau précis de cet ensemble : celui qui passe par les médias et par la relation avec ceux qui les font.
À quoi servent vraiment les relations presse
Le premier apport des RP, c’est la crédibilité. Quand un média indépendant parle de vous, le lecteur ne reçoit pas un message publicitaire, mais une information validée par une rédaction. Cette caution vaut souvent plus qu’un discours que vous tiendriez vous-même, parce qu’elle vient d’un tiers qui n’a pas d’intérêt direct à vous vanter.
Vient ensuite la notoriété. Être cité, interviewé ou mentionné vous fait connaître d’un public que vous n’auriez pas touché seul. Et les retombées ont une vie en ligne : un article peut continuer à être lu, partagé et référencé longtemps après sa publication.
Il faut cependant rester lucide. Les relations presse ne garantissent rien. Vous pouvez préparer un excellent sujet et n’obtenir aucune parution, simplement parce que l’actualité était chargée ou que votre angle n’a pas convaincu. Elles s’inscrivent dans la durée : c’est un travail de fond, pas un interrupteur qu’on actionne pour déclencher du buzz.
Les outils de base à préparer
Avant de contacter qui que ce soit, mieux vaut avoir préparé quelques éléments. Ils ne sont pas nombreux, mais ils font la différence entre une démarche crédible et un envoi bâclé.
Le communiqué de presse
Un document court, idéalement une page, qui annonce une information : quoi, qui, quand, où, et pourquoi c’est intéressant. Titre accrocheur, essentiel en tête, ton factuel. Un communiqué qui sonne publicitaire finit à la corbeille.
Le dossier de presse
Plus complet : contexte, présentation, éléments détaillés, parfois visuels et citations. On l’utilise quand le sujet mérite d’aller plus loin qu’une annonce (lancement, événement) et sert de ressource où le journaliste vient piocher.
Le fichier presse
Votre liste de contacts journalistes, avec les médias et thématiques qu’ils couvrent. L’outil le plus stratégique et le plus négligé : un fichier ciblé et à jour vaut mieux qu’une immense liste envoyée à l’aveugle.
Comment approcher les journalistes
C’est ici que tout se joue, et c’est aussi ce que la plupart des débutants ratent. Les relations presse portent bien leur nom : elles reposent sur une relation, pas sur un envoi massif.
La première règle est de cibler. Un journaliste couvre des sujets précis. Lui proposer quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’il traite, c’est perdre son temps et le vôtre. Prenez le temps de lire ce qu’il publie avant de le contacter.
Ensuite, personnalisez et apportez un angle : ne dites pas seulement ce que vous faites, dites pourquoi c’est une histoire pour ses lecteurs. Respectez enfin son rythme. Les journalistes reçoivent beaucoup de sollicitations et travaillent souvent dans l’urgence : un message clair, concis, avec l’essentiel visible tout de suite, sera mieux reçu qu’un long pavé. Si vous relancez, faites-le une fois, poliment, sans reproche.
Le mauvais message dit : « Notre entreprise lance un produit révolutionnaire, merci d’en parler. » Le bon message dit : « Bonjour Camille, vous avez écrit sur les circuits courts le mois dernier ; nous ouvrons une filière locale sur ce modèle, avec des chiffres et un producteur à rencontrer si le sujet vous intéresse. » Le second cible, montre qu’on connaît le travail du journaliste et propose une vraie histoire.
Les erreurs qui grillent une relation presse
Certaines fautes reviennent sans cesse et suffisent à couper court à toute relation. Les repérer à l’avance évite de brûler des contacts qu’on ne récupère pas.
L’envoi de masse
Le même message impersonnel expédié à une liste entière. Les journalistes le repèrent immédiatement et le classent sans le lire.
Le sujet sans intérêt
Annoncer une actualité qui n’en est pas agace plus qu’autre chose. Sans information neuve à donner, mieux vaut attendre d’en avoir une.
Le ton et la relance agressifs
Les superlatifs (« unique », « révolutionnaire ») inspirent la méfiance, et les relances avec reproche ferment la porte. La pression ne crée pas d’article, elle crée du rejet.
Mesurer les retombées
Une fois vos actions menées, se pose la question du résultat. Pour l’évaluer sans se leurrer, trois repères se complètent. D’abord le nombre : combien d’articles, de mentions, de citations avez-vous obtenus ? Ensuite la pertinence du média : touche-t-il réellement votre public ? Enfin la qualité du traitement : le sujet a-t-il été creusé ou juste évoqué, et votre message est-il passé correctement ?
Une seule parution dans un média lu et pertinent vaut souvent mieux que dix mentions anecdotiques. Et il faut accepter qu’une partie des effets échappe au comptage : un article peut renforcer votre crédibilité auprès d’un partenaire, d’un client ou d’un futur journaliste sans apparaître dans un tableau. Les relations presse se jugent sur la durée et sur la réputation qu’elles construisent, autant que sur le résultat d’une opération isolée.
Quelle différence entre relations presse et publicité ?
Avec la publicité, vous payez un emplacement et maîtrisez le message. Avec les relations presse, vous ne payez pas la parution et ne maîtrisez pas le résultat : c’est le journaliste qui décide. En échange, vous gagnez la caution d’un tiers, plus crédible qu’un discours sur vous-même.
Comment contacter un journaliste correctement ?
Ciblez un journaliste qui traite déjà vos sujets, lisez ce qu’il publie, puis écrivez-lui un message personnalisé et concis qui explique en quoi votre angle intéresse ses lecteurs. Évitez l’envoi de masse et, si vous relancez, faites-le une seule fois, poliment.
Qu’est-ce qu’un communiqué de presse ?
C’est un document court, idéalement une page, qui annonce une information à la presse. Il répond vite à l’essentiel (quoi, qui, quand, où, pourquoi c’est intéressant), avec un titre accrocheur et un ton factuel. Un communiqué au ton publicitaire finit à la corbeille.
Les relations presse, ça marche vraiment ?
Elles peuvent apporter crédibilité et notoriété, mais ne garantissent rien : un bon sujet peut ne donner aucune parution si l’actualité est chargée ou l’angle peu convaincant. C’est un travail de fond, à juger sur la durée plutôt que sur une opération isolée.
Au fond, réussir ses relations presse tient moins à une technique qu’à une posture : proposer de vraies histoires, aux bonnes personnes, et cultiver ces liens dans le temps plutôt que de courir après une parution.