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L’histoire de la famille de Villiers

Des racines normandes du XVIe siècle à la Vendée d’aujourd’hui : origines, nom et figures d’une lignée.

Ancien manoir en pierre à la façade Renaissance, évocation de l'histoire d'une lignée.
Réponse rapide

La famille de Villiers la plus connue aujourd’hui est la famille Le Jolis de Villiers de Saintignon, d’origine normande (Cotentin), attestée dès le XVIe siècle et anoblie en 1595 sous Henri IV. Le nom « de Saintignon » provient d’une adoption après 1914. Installée en Vendée au XXe siècle, elle a été rendue célèbre par Philippe de Villiers, créateur du Puy du Fou, et son frère, le général Pierre de Villiers.

  • Origine : Brucheville, Cotentin, dès le XVIe siècle.
  • Noblesse : anoblissement de 1595 (Henri IV).
  • Nom de Saintignon : né d’une adoption après 1914.
  • Vendée : enracinement au XXe siècle.
  • Figures : Philippe et Pierre de Villiers, frères.

La famille de Villiers est aujourd’hui associée à deux figures publiques : Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou, et son frère Pierre, ancien chef d’état-major des armées. Derrière ces noms se trouve une lignée plus ancienne, d’origine normande, dont le nom complet — Le Jolis de Villiers de Saintignon — porte la trace de plusieurs siècles d’histoire et d’un épisode tragique de la Première Guerre mondiale. Retracer cette histoire suppose d’abord de préciser de quelle famille on parle, car le nom « de Villiers » a été porté, au fil des siècles, par des lignées sans lien entre elles.

De quelle famille de Villiers parle-t-on ?

Le patronyme « Villiers », très répandu, renvoie à des origines toponymiques : il désigne à l’origine un domaine rural, une « villa » au sens latin. Plusieurs familles distinctes l’ont porté en France, parfois illustres, comme les Villiers de L’Isle-Adam connus au Moyen Âge. Ces lignées n’ont aucun lien généalogique entre elles, et les confondre est une erreur courante.

La famille dont il est question ici, celle que l’actualité a rendue visible, est la famille Le Jolis de Villiers, dite de Saintignon. C’est sur elle que portent les sources généalogiques récentes, et c’est à elle qu’appartiennent Philippe et Pierre de Villiers. Le nom complet, rarement utilisé dans l’espace public au profit du seul « de Villiers », est en réalité un nom composé qui s’est formé en deux temps : une racine ancienne, normande, et un ajout du XXe siècle.

Des racines normandes et une noblesse du XVIe siècle

Les sources généalogiques situent l’origine de la famille Le Jolis de Villiers à Brucheville, dans le Cotentin, en Normandie. La présence de la lignée y est attestée dès le XVIe siècle, ce qui en fait une famille de l’Ancien Régime au sens strict.

Son accès à la noblesse est documenté : Guillaume Le Jolis reçut des lettres patentes d’anoblissement en janvier 1595, sous le règne d’Henri IV. Les lettres patentes étaient l’acte royal qui conférait officiellement la noblesse à une personne et à sa descendance ; leur conservation dans les archives permet aujourd’hui de dater l’entrée d’une famille dans le second ordre. Cet acte inscrit la famille parmi les familles nobles subsistantes, c’est-à-dire celles, peu nombreuses, dont la filiation se poursuit sans interruption jusqu’à l’époque actuelle.

Il faut ici distinguer la donnée vérifiable — l’anoblissement de 1595 — des récits de prestige que les familles se construisent parfois après coup. Sur ce point, la date et l’acte sont documentés, ce qui n’est pas toujours le cas pour des lignées qui revendiquent des origines plus lointaines sans pièce à l’appui.

L’ancrage normand a duré longtemps. Ce n’est qu’au XXe siècle que la famille s’est déplacée vers l’ouest, vers la Vendée, où elle a noué un attachement durable. Mais avant cet enracinement vendéen, un événement a modifié le nom lui-même.

L’origine du nom « de Saintignon »

La partie « de Saintignon » du nom n’est pas un titre ancien : elle provient d’un épisode du début du XXe siècle, lié à la Première Guerre mondiale.

Louis Le Jolis de Villiers, officier, fut tué au combat en 1914. Ses enfants, devenus orphelins, furent recueillis et adoptés par leur tante maternelle, issue de la famille de Saintignon, établie en Lorraine. De cette adoption est né le nom composé « Le Jolis de Villiers de Saintignon », que portent leurs descendants. L’usage courant l’a ensuite raccourci en « de Villiers ».

Cet épisode éclaire un trait fréquent des noms composés : ils ne sont pas toujours le produit d’alliances aristocratiques anciennes, mais parfois la trace d’une histoire familiale précise, ici une orphelinité de guerre et une transmission par la branche maternelle. Replacer le nom dans son contexte évite de lui prêter une signification qu’il n’a pas.

RepèrePériodeFait documenté
OrigineXVIe siècleLignée Le Jolis de Villiers attestée à Brucheville (Cotentin)
Noblesse1595Anoblissement de Guillaume Le Jolis (Henri IV)
Nom de SaintignonAprès 1914Adoption des orphelins par la famille de Saintignon
Installation en VendéeXXe siècleJacques de Villiers (1913-2000) s’y établit

L’enracinement en Vendée

C’est avec Jacques de Villiers, né en 1913 et mort en 2000, que la famille s’installe en Vendée. Ce déplacement géographique n’est pas anecdotique : il déplace le centre de gravité de la lignée de la Normandie vers un département dont l’histoire — celle des guerres de Vendée, de la mémoire contre-révolutionnaire — occupera une place importante dans le parcours public de l’un de ses descendants.

La Vendée devient ainsi le territoire de référence de la famille au XXe siècle. C’est là que se déroulera, plus tard, l’entreprise qui rendra le nom célèbre auprès du grand public : un spectacle nocturne joué sur le site d’un château, qui s’appuie précisément sur la mémoire historique du département. Le choix du lieu et du thème n’est pas neutre ; il prolonge l’attachement de la famille à l’histoire locale.

Mais il faut se garder de lire l’histoire à l’envers : l’enracinement vendéen précède de plusieurs décennies la notoriété médiatique, et il relève d’abord d’une installation familiale, non d’un projet conçu pour durer. C’est l’une des limites de toute généalogie publique — la tentation de relire les origines à la lumière de la célébrité ultérieure, alors que les deux relèvent d’ordres différents.

Les figures contemporaines

La visibilité publique de la famille tient à plusieurs de ses membres, dont les parcours sont bien documentés. Il convient de s’en tenir à leurs fonctions et à leurs dates, sans empiéter sur ce qui relève de la vie privée.

Politique

Philippe de Villiers

Né en 1949, ancien sous-préfet et secrétaire d’État à la Culture (1986-1987), il fonde le Mouvement pour la France, préside le conseil général de Vendée et se présente à l’élection présidentielle en 1995 et 2007. Il est surtout le créateur du Puy du Fou.

Armée

Pierre de Villiers

Né en 1956, frère de Philippe, il mène une carrière militaire et occupe la fonction de chef d’état-major des armées de février 2014 à juillet 2017, qu’il quitte après un désaccord public sur le budget de la Défense.

Art

Jephan de Villiers

Né en 1940, il suit une autre voie, celle de l’art. Sculpteur et poète, il développe une œuvre personnelle — rappel que la lignée ne se résume pas à ses figures politiques et militaires.

Philippe de Villiers et le Puy du Fou

Le nom de Philippe de Villiers est indissociable du Puy du Fou, installé sur le site d’un château de Vendée. Le projet démarre à la fin des années 1970 avec un grand spectacle nocturne, avant de devenir, au fil des décennies, un parc à thème de premier plan. La direction du parc est ensuite revenue à son fils, Nicolas de Villiers, ce qui inscrit l’entreprise dans une logique de transmission familiale.

Le général Pierre de Villiers

Le parcours de Pierre de Villiers relève d’une autre discipline, l’armée. Sa nomination comme chef d’état-major des armées en 2014, puis son départ en 2017, sont des faits publics, abondamment documentés à l’époque. On se gardera ici de tout commentaire politique : l’objet est généalogique, non polémique.

Jephan de Villiers et la transmission

La présence d’un artiste, Jephan de Villiers, parmi les figures connues de la famille, invite à ne pas réduire une lignée à ses membres les plus médiatisés. Les familles anciennes comptent souvent des trajectoires variées, et l’histoire d’une lignée se lit mieux dans sa diversité que dans ses seules réussites visibles.

Une famille marquée par la transmission

Au-delà des individus, l’histoire de la famille de Villiers donne à voir quelques constantes que les sources permettent de documenter : un attachement à l’histoire, une implantation territoriale forte — d’abord normande, puis vendéenne — et des familles nombreuses, Philippe comme Pierre de Villiers étant chacun père de plusieurs enfants. Ce sont là des faits, non des jugements.

Il faut s’arrêter là où s’arrêtent les sources. Une histoire familiale comporte une part privée que la recherche généalogique n’a pas vocation à exposer, et une part de récit que les familles elles-mêmes mettent en avant. Distinguer l’un de l’autre est la seule manière rigoureuse d’aborder le sujet. Ce qui est établi — l’origine normande, l’anoblissement de 1595, le nom né d’une adoption après 1914, l’enracinement vendéen, les fonctions publiques des membres contemporains — suffit à retracer une trajectoire longue, du Cotentin du XVIe siècle à la Vendée d’aujourd’hui.

Quelle est l’origine de la famille de Villiers ?

La famille Le Jolis de Villiers, à laquelle appartiennent Philippe et Pierre de Villiers, est d’origine normande. Les sources généalogiques la situent à Brucheville, dans le Cotentin, avec une présence attestée dès le XVIe siècle.

La famille de Villiers est-elle noble ?

Oui. Son anoblissement est documenté : Guillaume Le Jolis reçut des lettres patentes en janvier 1595, sous Henri IV. Il s’agit d’une famille noble française subsistante, dont la filiation se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

D’où vient le nom « de Saintignon » ?

D’un épisode du début du XXe siècle. Après la mort au combat de Louis Le Jolis de Villiers en 1914, ses enfants orphelins furent adoptés par leur tante maternelle, de la famille de Saintignon, en Lorraine. De là le nom composé Le Jolis de Villiers de Saintignon.

Quel est le lien entre Philippe et Pierre de Villiers ?

Ils sont frères. Philippe, né en 1949, est connu pour son parcours politique et le Puy du Fou ; Pierre, né en 1956, a été chef d’état-major des armées de 2014 à 2017.

Pourquoi la famille est-elle liée à la Vendée ?

Parce que Jacques de Villiers (1913-2000) s’y est installé au XXe siècle, déplaçant le centre de la famille de la Normandie vers la Vendée, où elle s’est durablement enracinée.

Une lignée se lit dans la durée plus que dans l’actualité : quatre siècles séparent le Cotentin de 1595 de la Vendée d’aujourd’hui. Retrouvez d’autres repères d’histoire dans la rubrique Actualités.